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Cinquième manifestation hebdomadaire des proches de détenu.e.s

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 20 DECEMBRE 2020

Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées devant la prison de Forest à Bruxelles pour faire entendre la voix et les revendications des détenu.e.s et leurs proches. Il s’agit de la cinquième manifestation hebdomadaire de familles de détenu.e.s, signe d’un mouvement de protestation grandissant quant à la situation alarmante en milieu carcéral.

Ce 20 décembre, à quelques jours de Noël, un rassemblement a eu lieu – dans le respect des mesures sanitaires – devant la Prison de Forest, pour dénoncer la situation catastrophique en milieu carcéral durant cette période de crise, soulignant entre autres l’éclatement des familles de détenu.e.s.

Les quatre semaines précédentes, les familles et des personnes solidaires s’étaient déjà réunies devant les prisons de Huy, de Louvain et de Lantin, ainsi que devant le Ministère de la Justice et le Palais d’Egmont, pour faire entendre leurs revendications. Ces dernières sont reprises dans une lettre publiée lors de la première manifestation co-signée par 80 proches et détenu.e.s., à savoir : la concertation obligatoire des détenu.e.s et leurs proches, le droit inconditionnel aux visites, le traitement humain des détenu.e.s et leurs proches, la cohérence des mesures sanitaires, le maintien des aménagements de peines ainsi que le recours à des libérations.

(Lire la lettre dans son intégralité)

Répression

Le rassemblement s’est déroulé de manière pacifiste, dans le respect des mesures sanitaires, et la commune avait annoncé qu’il serait toléré. Pourtant, plusieurs interpellations, des contrôles d’identité et des verbalisations ont été effectuées par la police fédérale et la brigade UNEUS de Saint-Gilles lorsque les participant.e.s à la manifestation se dispersaient. « Ces verbalisations et ces contrôles sont scandaleux, d’autant plus que l’Etat ignore nos droits depuis des mois et, lorsqu’on se mobilise pour les faire valoir, la police nous réprime » exprime une organisatrice de la manifestation. « Nous sommes en train de comptabiliser les interpellations, le nombre est encore incertain, étant donné qu’elles ont eu lieu lorsque les personnes rentraient paisiblement chez elles ». La semaine dernière, une manifestation devant la prison de Lantin avait déjà été empêchée et réprimée, et une arrestation administrative avait eu lieu.

Convergence inédite et mépris des autorités

Ces mobilisations marquent une convergence inédite du milieu associatif et des premières personnes concernées par la prison, puisque les revendications sont soutenues et co-signées par différentes associations et collectifs: la CLAC (Collectif des Luttes Anti-Carcérales), Bruxelles Laïque, la Ligue des droits humains, l’Observatoire international des prisons et le Génépi.

En guise de réponse du gouvernement, un projet de loi corona prévoit des mesures toujours plus restrictives à l’égard des détenu.es (notamment, la suppression des congés pénitentiaires et des permissions de sortie jusque mars 2021). Evidemment, les associations et détenu.e.s sont toujours exclus de l’élaboration de ce projet. 

Bien qu’un retour des visites avec plexiglas est annoncé depuis la semaine passée, celles-ci restent limitées et insuffisantes aux yeux des familles: tout contact physique reste interdit et les enfants entre 12 et 16 ans ne peuvent pas rendre en visite à leur parent.

Les syndicats des agents pénitentiaires (CSC-CGSP) ont récemment déposé un nouveau préavis de grève pour protester contre cet « assouplissement des mesures », appelant donc à un retour aux interdictions plus strictes des visites. Ils ont, entre autres, obtenu l’interdiction de visite pour les enfants âgés entre 12 et 16 ans. L’attitude des syndicats est incompréhensible et entraîne des conséquences insoutenables pour les familles.

Nous n’étoufferons pas la situation actuelle en prison ni la voix des personnes qui sont concernées. Nous exigeons que les revendications soient écoutées et nous continuerons à l’exiger tant que des réels changements n’auront pas lieu.